Transmission © Fondazione Michelangelo / S. Pozzoli)
Transmission © Fondazione Michelangelo / S. Pozzoli

Transmission d’un métier d’art

Gérard Desquand transmet aujourd’hui son savoir-faire et son atelier de gravure héraldique à Sarah Bougault. La science du blason se grave sur chevalière avec un art de la synthèse remarquable. La très petite dimension de la chevalière armoriée supporte la matière insécable du temps : si l’on observe attentivement la gravure héraldique, on découvre l’histoire des familles, la trace des outils, la diversité des figures, la poésie de la langue. Une empreinte du monde. La transmission se construit au fil des échanges.

Travail à la loupe binoculaire  © Fondazione Michelangelo / S. Pozzoli
Portrait : Sarah Bougault
© Fondazione Michelangelo / S. Pozzoli

Au cœur de Paris, l’Atelier Bougault-Desquand réalise des cachets et gravures héraldiques sur chevalières pour des bijoutiers et des particuliers renommés.

« L’image domine toujours, elle qui est l’œuvre créatrice de l’héraldique. » (Gérard Audoin, L’Art héraldique). 

Le blason gravé en cachet n’est pas ornemental, car sa fonction première n’est pas d’embellir le support qui le porte mais de le changer en sceau et de raconter, à l’aide de symboles, une histoire, une identité.

Pour la réalisation d’un blason gravé en cachet (en creux et à l’envers), le dessin, tracé sur papier (à plat et à l’endroit), peut parfois être une première phase de recherche et de création ; il sert avant tout de médiation pour réunir les informations et fixer l’intention.

Au moment de la gravure, le graveur crée le blason (dans le cas où il part d’une description littéraire), ou le réinterprète (lorsqu’une image existe déjà), à l’échelle, et en y ajoutant la troisième dimension. Il faut alors entendre le dessin non au sens particulier (comme une étape) mais au sens général : au-delà du tracé de mise en place à la pointe sur le métal, il s’agit de la compréhension des formes et de l’inventivité dans leur restitution. Les contours doivent être changés en masses, les ombres n’existent que dans la hiérarchie des creux, la finesse des détails et le rythme des couleurs, la vitalité, sont définis par l’échelle réelle, sous la binoculaire. Enfin, c’est l’art du modelé qui fixe le caractère des meubles et l’harmonie générale.